Au Père Miguel d’Escoto Brockmann, Ne faut-il pas l’appeler Révérend Père ?
Thursday, March 19, 2009
Liliana Brockmann
IJAN
28 novembre 2008
Au Père Miguel d’Escoto Brockmann Ne faut-il pas l’appeler Révérend Père ?
Quelles sont ses fonctions ? Pasteur ?
(c’est écrit father en anglais
et padre en espagnol, donc laissons père, mais tu peux regarder sur
internet sa biographie, si tu souhaite la précision)
Excellence,
A la 57ème Session
Plénière sur la Question de la Palestine, vous avez brisé un tabou
qui a longtemps agi pour affaiblir et embrouiller la réponse
internationale aux conditions politiques et humanitaires, désastreuses
et en voie de détérioration rapide, faites aux Palestiniens.
Vous avez décrit les politiques d’Israël dans les Territoires Palestiniens Occupés comme semblables aux politiques mises en place par feu le régime d’apartheid en Afrique du Sud. Vous avez exhorté les Nations Unies à utiliser sans crainte le terme « apartheid ». Et vous avez tiré une conclusion en vue d’une action :
« Aujourd’hui, peut-être devrions-nous, aux Nations-Unies,
envisager de suivre l’exemple d’une nouvelle génération de sociétés
civiles, qui en appellent à une campagne semblable, non-violente
de boycott, désinvestissement et sanctions pour faire pression sur
Israël, afin qu’il mette fin à ses violations. »
Nous, IJAN (International
Jewish AntiZionist Network/Réseau International Juif Antisioniste)
souhaiterions vous dire que nous apprécions ces paroles
opportunes pour lesquelles nous vous exprimons notre gratitude.
Le régime en Israël
partage beaucoup de similitudes avec l’époque de l’apartheid en
Afrique du Sud. A certains égards, les comportements politiques d’Israël
sont plus néfastes et plus dangereux que ne l’était l’apartheid
en Afrique du Sud. Ce fait a été admis par des journalistes, des intellectuels
et d’éminents Sud-Africains, y compris le Président Mandela et l’Archevêque
Desmond Tutu. La situation à Gaza est catastrophique
l'heure n'est plus à la demi mesure ou à faire des euphémismes . Votre discours sans détours nous
redonne du courage.
Etant donné le long passé
d’Israël ignorant les Résolutions des Nations-Unies et l’opinion
publique mondiale, seule une société civile menant campagne
pour le boycott, le désinvestissement et le sanctions ( BDS)
pourrait contraindre les dirigeants d’Israël à faire le choix du
compromis plutôt que de la belligérance. Les organismes de l’ONU
et ses institutions pourraient jouer un rôle important pour initier
cette campagne en vue d’un efficacité réelle. C’est une obligation
particulière des Nations-Unies, dont les décisions prises jadis à
propos de la Palestine ont contribué à la mise en place de l’apartheid
en Palestine et dont les efforts réitérés pour amener Israël à
répondre pour ses violations persistantes des Résolutions des Nations-Unies
ont toujours été vains.
Nous souhaitons très vivement
que votre message soit pris en compte et qu’il serve à insuffler
un nouveau dynamisme à la défense internationale de la paix
et des droits humains. Nous saluons également l’assurance croissante
et l’implication active prises par des Pays du Tiers-Monde comme le
Nicaragua pour promouvoir ces droits --- particulièrement ces pays
dont les propres histoires de libération conduisent à une sympathie
croissante pour le peuple palestinien et à une meilleure compréhension
des origines de l’oppression en Palestine.
Nous saisissons aussi l’opportunité
de noter que la mise en place de l’apartheid n’est pas limitée
à l’intérieur des Territoires Occupés Palestiniens ; elle est aussi
largement présente dans les régions dévolues à Israël par les frontières
de l’armistice de 1949, elle se manifeste de même dans le déni
du droit au retour pour les Palestiniens réfugiés. Les Palestiniens
habitants de la Galilée et du Néguev sont soumis à des campagnes
de « développement » qui visent à établir des habitats et des peuplements
purement juives, et en même temps à détruire les communautés palestiniennes
et à les éradiquer. Ces campagnes de « développement » offrent de
fortes similitudes avec les projets de colonisation dans les Territoires
Occupés Palestiniens. La discrimination envers les Palestiniens dans
tous les aspects de la vie est enracinée, en même temps une
violence policière de fond et une violence de milices sporadique
, comme cela s’est produit récemment à Saint Jean d’Acre (Akka
) Israël a ratifié le traité international de 1965 contre les
discriminations raciales et cependant les incidents racistes vont croissant
, et la discrimination raciste de l’Etat est omniprésente.
Nous prions vivement les Nations-Unies
de poser le problème de l’apartheid en Israël de telle façon qu’il
ne soit pas limité aux Résolutions des Nations-Unies concernant les
frontières ( 181 et 242 ) et à la loi internationale sur l’occupation
militaire, mais qu’il englobe la totalité des Résolutions des Nations-Unies
et des Conventions internationales pertinentes , notamment la
résolution 191 affirmant les droits au retour des réfugiés, la Convention
traitant des Droit Civils et Politiques , la Convention Internationale
sur les Droits Economiques, Sociaux et Culturels, la Déclaration de
2007 sur les Droits des Peuples Indigènes, la Convention de1965 sur
l’Elimination de Toutes les Formes de Discrimination Raciale, la Convention
de 1951 sur la Prévention et la Sanction du Crime de Génocide et,
comme vous l’avez mentionné dans votre discours, la Convention Internationale
de 1973 sur la Suppression et la Sanction du Crime d’Apartheid.
La résolution globale est d’abord et avant tout, avoir pour objectif d’assurer la sauvegarde et les droits du peuple palestinien. Cependant, nous croyons que la violence de l’apartheid et de l’occupation imposée par l’Etat d’Israël met en danger tout peuple, y compris les Juifs, dans la région et au-delà. Une paix juste peut apporter la sécurité, uniquement, si Israël met fin d’abord à son régime d’apartheid et à l’occupation de la Palestine. Mais une paix durable demandera une réelle égalité, une redistribution de la terre et des ressources et une réconciliation pour les dommages perpétrés . Cela doit inclure un processus collectif au cours duquel la société Juive Israélienne prendra conscience de l’oppression dans laquelle elle a été impliquée et à laquelle elle a participé. Là seulement est le seul espoir réaliste pour les juifs du Moyen-Orient d’ un avenir de liberté et de paix. Dans ces mots visionnaires de Nelson Mandela :
« Les réponses données par l’Afrique du Sud aux abus à propos des
droits humains perpétrés respectivement par les politiques de déplacement
(transfert) et les politiques d’apartheid mettent en lumière
le chemin que la société israélienne doit nécessairement parcourir
avant de pouvoir parler d’une paix juste et durable dans le Moyen-Orient
et d’une fin de sa politique d’apartheid. »
En tant que organisme constituée
dont le but est de représenter le monde, les Nations Unies ont un rôle
important à jouer pour amener les Israéliens juifs à concevoir
en même temps l’urgence et les bénéfices qu’ils auraient à rejoindre
le consensus global contre l’apartheid Nous vous remercions pour l’honnêteté
et le courage dont vous avez fait preuve à parler de telle façon qu’ils
puissent entendre votre message.
Vous avez déjà été accusé d’antisémitisme et malheureusement de telles accusations continueront d’être portées contre vous par des partisans de l’apartheid. Nous condamnons de façon catégorique ceux qui portent ces accusations, accusations qui sont, non seulement
sans fondement et pernicieuses,
mais aussi irrespectueuses vis-à-vis de la mémoire des millions de
Juifs qui furent victimes d’un véritable antisémitisme. Nous
abhorrons l’utilisation de cette mémoire pour justifier des crimes
et pour faire taire les appels à la compassion et à l’humanité
Nous comprenons vos actions plutôt comme une façon d’honorer l’histoire
de la persécution des Juifs et l’expression de l’intérêt que
vous portez à tous ceux qui vivent dans l’Etat d’Israël, la Cisjordanie,
Gaza et toute la région.
Nous sommes impatients de
continuer notre mission pour soutenir l’action de boycott, de
désinvestissement et de sanctions ( B.D.S.), et nous espérons qu’une
participation redynamisée des Nations Unies à cette campagne abrégera
le chemin vers la libération de la Palestine et la fin de l’apartheid
en Israël.
Nous vous assurons de notre plus grand respect.
International Jewish anti-Zionist
Network (I.J.A.N.)
28/11/08
traduit de l’anglais